27 : L'écologie appliquée comme philosophie de leadership pour un système alimentaire en transformation
Episode 27 · May 26, 2026
Donald Killorn, directeur général de la Fédération de l'agriculture de l'Île-du-Prince-Édouard, soutient que la pensée écologique — et non l'expertise agronomique — est exactement ce dont le système alimentaire canadien a besoin de la part de ses leaders en ce moment. S'appuyant sur deux décennies passées à travailler dans les forêts tropicales, les récifs coralliens et les pêcheries de la baie de Fundy avant d'arriver à l'agriculture, Killorn affirme que la pensée systémique et la création de partenariats multi-intervenants sont les compétences fondamentales pour naviguer une ère de volatilité climatique, de perturbations commerciales et de changements technologiques accélérés. Cet épisode explore comment Killorn applique cette perspective à l'une des provinces les plus densément agricoles du Canada, où les pommes de terre, les produits laitiers et une culture alimentaire coopérative font de l'Île-du-Prince-Édouard un laboratoire étonnamment riche pour l'avenir du secteur.
Aperçu
Donald Killorn est arrivé à la Fédération de l'agriculture de l'Île-du-Prince-Édouard non pas par une vie entière passée dans les champs et les granges, mais par les récifs coralliens, les forêts tropicales et deux décennies d'écologie appliquée dans les Caraïbes et l'Atlantique canadien. Dans cet épisode, Donald se joint à Jesse Hirsh pour explorer un argument central provocateur : les compétences en leadership les plus urgentes en agriculture en ce moment ne sont pas principalement agronomiques, mais écologiques — la capacité à lire des systèmes complexes, à anticiper où la pression s'accumule et à positionner une organisation en avant de là où le financement gouvernemental et les politiques aboutiront éventuellement. Pour une province insulaire où l'agriculture représente environ 40 pour cent de l'utilisation des terres et 25 pour cent du profil d'émissions, cet argument porte un poids sérieux.
Killorn retrace comment une rencontre en troisième année d'études de premier cycle avec l'écologie est devenue un système d'exploitation à vie. Travaillant comme guide en écotourisme au Costa Rica, gérant les écosystèmes des récifs de barrière au Belize et aux Îles Turques-et-Caïques, et plus tard dirigeant la recherche sur le bruit sous-marin pour protéger les populations de baleines dans la baie de Fundy, il a développé ce qu'il appelle un cadre de résilience construit autour de quatre catégories de capital — gouvernance, écologique, économique et social — et quatre types d'intervenants : académique, industriel, ONG et gouvernement. Il applique ce même cadre au leadership agricole, arguant qu'un directeur général d'ONG doit constamment anticiper où l'investissement public se dirige et être visiblement établi dans cet espace avant l'annonce du financement. La stratégie, explique-t-il, est le seul modèle durable pour une petite équipe tentant de surpasser les acteurs gouvernementaux et du secteur privé bien dotés en ressources.
L'épisode se tourne vers un test concret de cette philosophie : les restrictions d'exportation fédérales sur les pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard qui sont entrées en vigueur seulement cinq jours après le début du mandat de Killorn. Avec l'ACIA traçant une limite de confinement autour de toute la province en raison de quelques champs avec une verrue de la pomme de terre connue, une industrie d'un milliard de dollars a été effectivement fermée — et Killorn s'est retrouvé comme nouveau directeur général sans formation agronomique approfondie, soudainement obligé d'être la voix publique d'une industrie en crise. Il est honnête quant aux limites de son expertise à ce moment et tout aussi honnête quant aux tensions structurelles entre la gestion du risque commercial fédéral et la réalité vécue des agriculteurs insulaires. L'histoire illumine une tension plus large traversant l'agriculture canadienne : comment les décisions de gouvernance prises à l'échelle nationale se répercutent inégalement sur les économies régionales, et ce qu'il faut pour construire suffisamment de crédibilité — enracinée localement par les réseaux familiaux, crédible au niveau national par la maîtrise de la pensée systémique — pour être entendu dans les deux milieux.
Les auditeurs repartiront avec une image plus riche de la complexité agricole de l'Île-du-Prince-Édouard — de sa part démesurée de la production canadienne de pommes de terre à un modèle laitier coopératif que Killorn décrit comme l'un des plus intégrés holistiquement du pays — et un ensemble de principes de leadership qui se traduisent bien au-delà de l'île. À un moment où l'agriculture canadienne fait face à une pression simultanée de la volatilité climatique, de l'instabilité commerciale et de l'arrivée accélérée de technologies intensives en données, y compris l'IA, l'argument de Killorn selon lequel la littératie écologique devrait avoir sa place à la table des cadres semble moins une biographie personnelle et plus une prescription pour le secteur dans son ensemble.
Thèmes clés
- Écologie appliquée
- Leadership en ONG
- Agriculture de l'Île-du-Prince-Édouard
- Pensée systémique
- Politique commerciale des pommes de terre
- Résilience climatique